Mathilde, 20, Paris (France)
Les Amours D’Astrée Et De Céladon, Éric Rohmer, 2007

Les Amours D’Astrée Et De Céladon, Éric Rohmer, 2007


La Collectionneuse, Éric Rohmer, 1967

La Collectionneuse, Éric Rohmer, 1967


Oh, écoutez ! Si on doit mourir, mourons ! Non franchement, si la vie ne bouge pas, je crois que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. C’est vrai, moi je refuse de vivre uniquement pour organiser ma survie. La survie, la survie, quel mot affreux ! C’est vrai, si survivre est le seul idéal qu’on nous propose, autant mourir tout de suite, vive le suicide !

Bérénice Beaurivage (Arielle Dombasle)

L’Arbre, le Maire et la Médiathèque, Éric Rohmer, 1993

Le Rayon Vert, Éric Rohmer, 1986

Le Rayon Vert, Éric Rohmer, 1986


  • Lena :
    Comment tu sais quand tu vois, je sais pas, tu sens quand tu vois quelqu'un, quelqu'un passer par exemple, un mec, un beau mec, comment tu sens que ça, c'est bien pour toi ? Comment tu sens le type quand il t'approche, quand il commence à te parler ? Comment tu sens que tu l'aimes ou que tu l'aimes pas ? Comment tu sens ? Peut-être il te plaît ou non, tu le regardes quand même ?
  • Delphine :
    Oui je regarde, je suis quelqu'un qui regarde beaucoup les gens, mais pour le reste, tout est flou pour moi.
  • Lena :
    Ah bon ?
  • Delphine :
    Tout est flou.
  • Lena :
    Pourquoi donc ?
  • Delphine :
    Je sais pas... Parce que je suis pas quelqu'un qui est très opérationnel dans la vie, je suis pas fonctionnelle, je regarde les gens, mais je fais jamais une chose déterminée pour trouver quelqu'un ou pour trouver quelque chose. Mais bon, peut-être que je me trompe...
  • Lena :
    Mais tu attends que les gens viennent vers toi ?
  • Delphine :
    Non, non. Oui. Oh, je te dis c'est très flou. Je sais pas.
  • Lena :
    Mais le type ne vient pas tout seul, il faut faire quelque chose.
  • Delphine :
    Pour moi c'est vague tout ça, c'est une conversation de dire il faut faire quelque chose. De toute façon, on me l'a déjà dit, mes copines à Paris me l'ont déjà dit. Faut faire quelque chose, faut chercher, blabla blabla...
  • Lena :
    Et tu as cherché ? Mais je ne crois pas finalement qu'il faut chercher non plus, tu sais. Il faut sentir. Tu sens, tu sens ? Tu sens si tu parles avec des gens ?
  • Delphine :
    Oui
  • Lena :
    Tu le sens comment ils sont ?
  • Delphine :
    Oui, oui.
  • Lena :
    Autant les filles que les garçons ?
  • Delphine :
    Oui je le sens, je suis très ouverte aux gens, je le sens, je suis disponible. J'écoute, je suis ouverte...
  • Lena :
    Mais tu es déçue de temps en temps ?
  • Delphine :
    Je suis pas... Oui. Oui et non. Bon, il ne s'est jamais rien passé de spécial, je n'ai jamais, jamais... J'écoute beaucoup les gens, je les regarde exister, mais...
  • Lena :
    Mais la confiance, on ne peut pas la faire tout de suite.
  • Delphine :
    Si. Si, si.
  • Lena :
    Non, je ne trouve pas.
  • Delphine :
    Hein ?
  • Lena :
    Moi, je ne trouve pas.
  • Delphine :
    Toi, tu fais pas confiance aux gens?
  • Lena :
    Moi, non. Je joue avec les gens.
  • Delphine :
    C'est-à-dire, tu fais quoi?
  • Lena :
    C'est-à-dire que pour trouver quelqu'un qui est correct, quelqu'un qui est bien, il faut que tu ne montres pas ton propre cœur tout de suite, tu vois.
  • Delphine :
    Mais alors qu'est-ce que tu montres de toi ?
  • Lena :
    Bah, je vis la vie, je m'amuse, tu vois. Je regarde les réactions des autres et après je fais la conclusion - est-ce que c'est bien, est-ce que c'est pas mal... Parce que c'est comme le jeu de cartes tu sais, tu ne veux pas montrer tout de suite ce que as dans ta main.
  • Delphine :
    J'ai rien à la main.
  • Le Rayon Vert, Éric Rohmer, 1986
  • Delphine :
    Ça fait très longtemps que j'ai pas rencontré un garçon. A la fois, c'est moi qui le veux, j'ai décidé de rester, de rester seule tant que j'avais pas vraiment quelqu'un avec qui ce serait... Si tu veux, quand tu vas avec quelqu'un, quand t'es seule, quand tu vas avec quelqu'un une fois comme ça à droite à gauche, on se sent, moi je trouve qu'on se sent encore bien plus seul après quand, tu vois, quand tu rentres le soir dans ta maison, que t'as couché une fois avec un mec tout ça, tu sais très bien qu'il s'en fout, et toi aussi tu t'en fous, et que personne n'y trouve son compte tu vois, je trouve ça encore plus horrible que d'affirmer sa solitude. Ça devient comme ça, ça devient comme une éthique de vie, une règle, bon tu vis toute seule depuis vachement longtemps, t'as plus de rapport du tout avec les mecs. C'est flippant, mais en même temps en toi-même tu gardes une pureté comme ça, parce que tu perds pas le peu d'énergie que t'as, tu rêves toujours, t'attends toujours et vaut mieux attendre quelque chose que de... que la réalité, tu vois, gâche les espoirs...
  • Le Rayon Vert, Éric Rohmer, 1986
Mère Et Enfant, 1907
Les Rendez-Vous De Paris, Éric Rohmer, 1995

Mère Et Enfant, 1907

Les Rendez-Vous De Paris, Éric Rohmer, 1995


Les Bancs De Paris
Les Rendez-Vous De Paris, Éric Rohmer, 1995

Les Bancs De Paris

Les Rendez-Vous De Paris, Éric Rohmer, 1995


Le Rendez-Vous De 7 Heures
Les Rendez-Vous De Paris, Éric Rohmer, 1995

Le Rendez-Vous De 7 Heures

Les Rendez-Vous De Paris, Éric Rohmer, 1995




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