Mathilde, 20, Paris (France)
  • Alexandre :
    Quand même, tu as fait attention avant de tomber amoureuse ? Tu n'es pas tombée sur un ouvrier portugais, un travailleur algérien ou même un ouvrier français.
  • Gilberte :
    Tu sais bien qu'on ne rencontre...
  • Alexandre :
    ...que les gens de sa classe, je sais. Alors comment nous sommes nous connus ? Quelque chose a déraillé. Maintenant, tu as redressé le clou. Tu as recommencé à vivre sans que l'angoisse t'étreigne. Tu es tranquille. Tu crois que tu te relèves alors que tu t'accoutumes tout doucement à la médiocrité. Après les crises, il faut vite tout oublier, tout effacer, comme la France après l'occupation, comme la France après mai 68... Tu te relèves comme la France après Mai 68. Mon amour, tu te souviens ? On disait qu'on l'avait échappé belle, qu'on avait pu avoir une enfance et qu'on n'était pas sûr que nos enfants en auraient une dans ce nouveau monde où les vieillards ont 17 ans.
  • La Maman Et La Putain, Jean Eustache, 1973


5 notes
  1. motherandwhore a reblogué ce billet depuis les-quatre-cents-coups
  2. les-quatre-cents-coups a reblogué ce billet depuis lupus-dei et a ajouté :
    rencontre... Alexandre : ...que...La Maman Et La Putain, Jean Eustache, 1973
  3. lupus-dei a publié ce billet